Images aléatoires

Lundi 10 décembre 2007
Intervention du Président de la Coordination de L’Oise lors de la cession extraordinaire du 14 septembre 2007 de la Chambre d’’agriculture.
« Faites vos jeux - Rien ne va plus ».
 Après des années de mensonge, la vérité est de retour.
Elle s'impose même.
 La FAO tire depuis 4 ans la sonnette d'alarme devant la baisse continuelle des stocks de matières premières alimentaires.
 Pendant cette même période, tous condamnent les montagnes de stocks de céréales, de lait, beurre et viande.
 Encore dernièrement, les experts prévoyaient une baisse régulière des prix des matières premières alimentaires.
 D'autres experts, à grands coups de statistiques, établissent des scénarios sur l'agriculture de demain, sans connaître celle d'aujourd'hui et sans même prononcer le mot « agriculteur » dans leur discours.
 D'autres encore s'obstinent à faire croire que les bio­carburants n'y sont pour rien, ou que le réchauffement de la planète n'est qu'une vue de l'esprit.
 Le grand mensonge est arrivé avec la réforme de la PAC, qui, il faut bien le rappeler, plébiscitée par les dirigeants de la FNSEA de l'époque, dont Joseph DAUL, actuellement encore député européen, et ange gardien de Madame FISCHER-BOEL.
 Faire croire aux paysans qu'en baissant les prix de vente de leurs produits pour être compétitifs à l'export, leur ferait vendre davantage, et donc leur ferait gagner davantage, était sans compter une imposture aux vues des propositions de l'O.M.C pour atteindre sa globalisation des marchés et sa libéralisation du commerce.
 Le grand mensonge est aussi celui de faire croire aux consommateurs qu'ils paieraient moins cher leur alimentation, car avec des céréales moins chères, l'aliment du bétail serait moins cher... et donc aussi le lait, la viande, le beurre, et tous les produits cuisinés qui en sont composés. La vérité a été toute autre.
Les agriculteurs ont vu leur revenu fondre comme neige au soleil.
Plus d'un tiers n'ont pas trouvé de successeur ; et des fonctionnaires les contrôlent sans cesse. Les consommateurs paient plus cher leur alimentation, en plus de payer par l'impôt les compensations ou les primes.
 La formule magique, dont on nous a rabattu les oreilles, et dont on nous rabat encore aujourd'hui, de gagnant-gagnant, est en fait celle du perdant-perdant. La globalisation, si chère à Monsieur LAMY ou à Madame FISCHER-BOEL n'est en fait qu'une escroquerie de plus, car c'est une machine qui, chaque jour, crée de la pauvreté en privatisant les profits et en mondialisant la misère.
 Le Tiers Monde arrive en Europe et aux Etats-Unis, la paupérisation n'épargne aucun pays au monde.
 
 Monsieur POULAIN nous a rappelé que les Chambres d'Agriculture n'étaient que des organismes consulaires, et donc sans pouvoir décisionnel. Il n'empêche que leur rôle est de faire des propositions qui vont dans la défense de ceux qu'elle est censée servir, c'est à dire les agriculteurs, et non comme on l'entend sans cesse, l'agriculture.
 
 
 
Car si les agriculteurs vont bien, l'agriculture va bien, et non le contraire, comme on a voulu nous le faire croire depuis plus de 50 ans.
 Il est donc temps de redescendre sur terre une bonne fois pour toutes.
 La vocation première de l'agriculture est de nourrir les estomacs, et non les moteurs à explosion.
 Il est urgent d'informer les acteurs dela filière bio-carburants de la première génération, que leurs unités de production sont d'ores et déjà condamnées, avant même d'avoir vécu au profit des carburants de 2ème génération.
 
Il faut sortir la tête du sable quant à la gestion des coopératives multinationales, trop loin de leurs milliers d'adhérents, connus seulement par leur numéro ; comme les animaux des élevages, par leur bouche et leur bague ; il faut leur redonner taille humaine pour que chaque 'adhérent retrouve son nom.
De plus, les économies d'échelle escomptées par les multiples fusions et regroupements n'ont pas du tout apporté d'avantages, et bien au contraire, certaines petites coopératives défendent mieux les intérêts de leurs adhérents.
 
 La moisson 2007 restera historique de par la flambée des prix des matières premières végétales.
 
Le premier bénéficiaire cependant est l'Union Européenne, car ayant acheté les produits agricoles au prix d'intervention, elle les a revendu jusqu'à 2 fois plus cher, avec le maïs acheté en Hongrie 70 euros, et revendu 160 euros.
Les céréaliers, coopérateurs ou non, vont avoir un produit à peu près 25 % supérieur à celui de l'an dernier, et non du double ou même du triple, comme on l'entend partout (le cours du blé n'est resté à 300 euros que quelques heures)
 Les éleveurs vont, quant à eux, connaître les plus grandes difficultés.
Après la vache folle ( dérèglement Tatchérisme) , la grippe aviaire (hyper concentration d’animaux dans des espaces réduits) la fièvre aphteuse ( fuite d'un laboratoire anglais), la fièvre catarrhale ovine (A quand la vaccination ? ) , la sécheresse, et bien sûr l'augmentation du prix de l'aliment certains n'attendent plus que le cielleur tombe' sur la tête.
L'Union Européenne, se doit donc d'aider sans façon ces derniers avec les excédents financiers dus à la vente des stocks à l'intervention, et ceci le plus rapidement possible pour sauver la filière animale.
 Cette moisson 2007 restera aussi comme l'année du retour aux prix rémunérateurs quant aux productions végétales, hors betteraves bien-sûr ; comme l'année de la suppression des jachères proposée par le Commission Européenne ; comme l'année des stocks zéro, avec l'arrivée de la crainte de rationnements alimentaires du fait de la sécheresse qui perdure en Australie, et qui naît en Argentine et aux Etats-Unis.
Mais malgré ces sources d'inquiétudes, l'administration continue d'envoyer des dossiers d'aides pour la cession de la production laitière, alors qu'il n'y a plus de stocks de lait et de beurre.
Des voix s'élèvent  pour refuser l'abandon total des jachères.
 Enfin, les utopistes pavoisent au Grenelle de l'Environnement pour faire de la ferme France soit un jardin à la française, soit un paradis terrestreou l'homme ne vivrait que de nourriture spirituelle.
 
 
 
 
 
 En conclusion, je dirais qu'il est de notre devoir d'informer en premier lieu les agriculteurs, mais aussi nos nombreuses institutions pour ne pas se retrouver au dépourvu quand la bise sera venue.
 La Coordination Rurale a toujours été contre les aides compensatoires, et pour les prix rémunérateurs ; elle a toujours aussi été généralement parlant, contre la réforme de politique agricole commune.
 
Elle a toujours considéré que l'agriculteur devait vivre de la vente de ses produits, et non de l'assistanat déguisé.
 S'il devait y avoir suppression totale de la jachère, celle-ci ne devrait se faire que si les contrôles surface disparaissent totalement, que si les aides compensatoires continuent au moins à être versées jusqu'en 2013, quel que soit le prix de marché, afin que les exploitations puissent recapitaliser et se moderniser sans mendier des plans de modernisation si les prix rémunérateurs devenaient la règle.
 Enfin, la Coordination Rurale demande à ce que l'agriculture sorte de l'OMC, car l'alimentation n'est pas une marchandise comme les autres, puisque c'est la seule indispensable à la vie.
 Le monde des hommes a péché d'orgueil ; notre planète d'abondance démontre sa fragilité devant une climatologie capricieuse.
 L'homme, malgré sa puissance, n'est que la mouche du coche de la fable de Jean de la Fontaine.
 Il se prend pour Dieu, alors qu'il n'est qu'un fétu de paille.
 La filiation humaine pourrait être demain en danger si les conditions climatiques de sécheresse continuaient dans l'hémisphère Sud, si le cycle El Nino El Nina se faisait habituel, si les cyclones balayaient la terre chaque semaine, si les tempêtes de grêle ravageaient les plaines du Nord de l'Europe comme celle qui balaya tout de Nantes à la lointaine Flandres en mai 1788. Un an après, le peuple français se soulevait, parce que le pain déjà hors de prix, devenait impossible à faire, faute de farine.
 La révolution française était née. Chateaubriand disait « L'histoire n'est qu'une répétition des mêmes faits appliquée à des hommes et à des temps divers ».
 J'ajouterais que le ventre affamé n'a point d'oreille.
 
ean-Claude Désesquelles
par J.C Désesquelles publié dans : lettre du président de la CR60
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