Vendredi 25 septembre 2009
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Une grève organisée par les producteurs de lait et dénoncée par la principaleorganisation dite "représentative", la FNSEA, pose une nouvelle fois la question de lalégitimité d'organisations
déconnectées des réalités auxquelles sont confrontés leursmandants. Et des intérêts réellement défendus…Dans un communiqué daté du 17 juin dernier, les Créateurs avaient déjà dénoncé l’accord
signépar la FNSEA qui prévoit la vente à perte du lait (280 euros la tonne) alors qu’un prix juste etrémunérateur s’établit autour de 400 euros (1). Il y a donc urgence à agir, car selon
laCoordination Rurale près de 30 000 producteurs de lait pourraient disparaître dans les prochainsmois, soit le tiers de la filière.Faute d’êtres entendus par la Commission européenne et le Conseil
européen, les producteurs delait européens réunis au sein de l’European Milk Board (EMB) ont décidé de faire la grève deslivraisons de lait. En France, la Coordination Rurale (via l’OPL*) et
l’APLI* coordonnent la frondelancée le 10 septembre. Les producteurs offrent ainsi leur lait aux consommateurs, à la ferme ouen ville, pour éviter le gaspillage de leur production et faire
connaître la situation économiqued'une profession sinistrée. Dans les semaines qui viennent, la pénurie pourrait bien toucher lestransformateurs et les industriels, que les producteurs espèrent
alors retrouver à leurs côtés. LaCoordination Rurale a mis en place un site web qui permet de suivre l’évolution de la grève et designer la pétition : www.lagrevedulait.com.Le Cerf s’étonne que la
FNSEA ait publié une lettre ouverte aux producteurs de lait pour informerqu’elle ne soutenait pas cette grève alors que le syndicat admet que "le niveau négocié [par laFNSEA, ndlr] reste
insuffisant face à nos charges…" La FNSEA continue à réclamer des aides dugouvernement pour compenser les pertes de revenus feignant de ne pas comprendre que lesproducteurs de lait demandent
seulement à obtenir une juste rémunération de la tonne de lait afinde pouvoir vivre décemment de leur travail, pas de subventions. La FNSEA espère surtout unefaible mobilisation, qui découlerait de
la fragilité financière des exploitations au bord de la ruine età la merci des banques : pour ne pas être totalement décrédibilisée, elle a en effet besoin de voiréchouer l'action menée par des
syndicats indépendants véritablement à l'écoute des producteurs.Au 13 septembre, le site lagrevedulait.com dénombrait entre 35 et 40% de grévistes. Le Cerfestime que le succès de cette action
encore peu médiatisée montre une fois de plus le décalagequi existe entre les syndicats qui négocient avec le gouvernement de mauvais accords, et la basequi se sent trahie. Plus largement, cela
pose la question de la représentativité de syndicats quicomptent toujours moins d’adhérents mais qui confisquent la parole des producteurs de lait et desagriculteurs.(1)
Communiqué du 17 juin 2009 – La nécessaire réforme de la PAC et de la représentativitéhttp://www.lescreateurs.org/090617-crise-des-producteurs-de-lait.pdf*OPL : Organisation des producteurs de
lait*APLI : Association des producteurs de lait indépendants
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Par J.C Désesquelles
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