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Lundi 21 novembre 2005

 BP 590 – 1 rue Darwin - 32022 AUCH Cedex 9

Tél. : 05 62 60 14 96 – Fax : 05 62 60 14 31

N/Réf : FL/FB  05/11-79
Auch, le 21 novembre 2005
 
Lettre ouverte à François Guillaume
Député de Meurthe et Moselle, Ancien Ministre de l’Agriculture
 
Monsieur le Ministre, Monsieur le Député,
 
Nous avons pris connaissance avec attention de vos diverses interventions dans le cadre du débat qui s’est tenu récemment sur la Loi d’Orientation Agricole à l’Assemblée Nationale ainsi que de votre position dans le débat sur la transparence des aides PAC (cf. article de l’Est Républicain du 5 novembre 2005).
 
Tout d’abord, nous partageons votre analyse quand vous rappelez que personne ne s’interrogeait sur le fait de savoir si les gros agriculteurs gagnaient plus que les petits quand les prix permettaient de vivre. C’est précisément parce que la Coordination Rurale a fait cette analyse dès 1992, avant même de se constituer en syndicat en 1994, qu’elle a violemment rejeté la réforme Mac Sharry qui mettait fin aux prix rémunérateurs et engageait l’agriculture dans les voies hasardeuses où nous sommes encore totalement englués aujourd’hui. Cette orientation était largement annoncée dans le Xè plan, publié en juillet 1989, dans le chapitre sur l’agriculture, « l’agriculture face à son avenir ».
 
Pour autant, nous ne vous suivons pas dans vos propositions pour la dégressivité et le plafonnement des aides. Le problème à notre sens n’est pas aujourd’hui l’aménagement d’un système qui est condamné d’avance. Le mal est fait aujourd’hui et nous ne voyons pas d’autre issue que de défaire tout ce qui a été fait depuis 1992 afin de retrouver la maîtrise de nos marchés agricoles dans un cadre européen restauré. C’est à cette nouvelle orientation de la PAC que nous allons consacrer notre prochain congrès national : « Pour une PAC du XXIè siècle. »
 
Le problème principal de la PAC vient à notre sens du sacrifice de la préférence communautaire qui a été faite sur l’autel de l’OMC. La réforme de la PAC à mi-parcours décidée en 2003 a d’ailleurs été présentée sans ambiguïté comme rendue nécessaire pour se conformer aux exigences de l’OMC.
 
Nous estimons que cette réforme sera très néfaste. La décision du découplage est calamiteuse : elle constitue une insulte au monde paysan, réduit à être subventionné pour occuper les « multifonctions » d’entretien du paysage alors que son métier et sa vocation sont avant tout de nourrir la population. L’Europe commet là une erreur impardonnable et prend des risques majeurs pour sa sécurité alimentaire. Cette erreur est d’autant plus incompréhensible que les Etats-Unis nous ont précédé dans cette voie en 1988 avec le Fair Act qu’ils ont rapidement abandonné parce qu’il avait effondré les prix agricoles et ruiné bon nombre de fermiers.
 
Nous estimons pourtant que la PAC peut encore et toujours être réformée, voire même refondée en revenant à ses principes fondateurs. L’urgence principale est d’arrêter de relayer le
par J.C Désesquelles publié dans : Communiqués de Presses "C.P"
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