jean-claude Désesquelles
From: jean-claude desesquelles
To: lafranceagricole
Sent: Tuesday, November 04, 200310:46 AM Subject: Union SDA
A l'imposture!
Suite à l'article " Union SDA prévoit la fin des quotas" dans la France Agricole du 24 octobre dernier (2003), je me demande combien de temps resterait président du directoire M. Duval s'il l'était d'un grand groupe industriel et non pas d'une coopérative agricole.
En effet, en premier lieu, annoncer une baisse de 40% du prix du sucre signifie une baisse de 40% du chiffre d'affaires et par conséquent la tenue d'une réunion de crise et le déclenchement, par les actionnaires, du siège éjectable de président sur lequel est collé, en position de souverain absolu, M. Duval, depuis bien trop longtemps.
En deuxième lieu, annoncer la suppression des quotas un an après le rachat de Beghin Say avec l'aide de ses planteurs et la bénédiction de la CGB à un prix qui était déjà trop élevé par rapport à la réalité du moment, mais à un prix exorbitant par rapport à la réalité d'aujourd'hui puisqu'avec un chiffre d'affaires en baisse de 40%, Beghin Say vaut 40% moins cher, aurait les mêmes conséquences: Le déclenchement du siège éjectable.
M. Duval dit que le prix moyen payé par Union SDA à ses planteurs est de trente euros la tonne, cela laisse supposer qu'au moins la moitié des planteurs SDA a vendu ses betteraves à un prix inférieur à 30 euros la tonne, c'est à dire moins cher que le prix payé par Beghin Say.
Il est vrai que le report n'est pas autorisé pour ne pas dire interdit chez Union SDA.
Si la nature est généreuse, le planteur SDA brade ses betteraves en l'absence de report.
Si à la sécheresse du printemps s'ajoute la canicule de l'été, le rendement chute, et le planteur SDA n'a pas de filet de sécurité s'il ne fait pas son quota.
C'est pourquoi à quota égal un planteur SDA aura plus de surface de betteraves qu'un planteur Saint Louis et c'est pourquoi le prix moyen des betteraves payé par SDA à ses planteurs n'est que de trente euros.
A bien réfléchir, la marge brute en betteraves est bien meilleure si l'on n'est pas planteur SDA, preuve à l'appui donné par M. Duval lui même.
Suite à cette déclaration, monsieur Duval est désormais à classer parmi les patrons voyous puisqu'il y a plus d'un an tenant un discours tout autre, il n'ignorait pas la remise en cause prochaine du règlement sucre.
En tant que planteur SDA, en désaccord total depuis plusieurs années avec la politique paranoïaque, schizophrène et mégalomane de M. Duval épaulé par l'impotance de conseils d'administration imposés et à sa botte, j'ai, comme certains ex planteurs Beghin Say, la confirmation d'être en train de me faire excroquer de 40%.
A la lecture de cet article, chaque ex-planteur Beghin Say ayant rejoint Union SDA doit comprendre qu'il va perdre 40% des 40 Euros la tonne payé pour le rachat de beghin Say et que chaque planteur SDA va perdre 40% de la participation SDA à ce même rachat ( 60 Euros/ tonne).
Pour parler gros chiffres, la contribution planteurs s'élevant à près de 200 millions d'euros la perte s'élèvera à près de 80 millions d'euros, la contribution SDA s'élevant à 300 millions d'euros, la perte planteurs SDA s'élèvera à 120 millions d'euros.
et je ne parle pas des emprunts contractés à hauteur d' environ 700 millions d'euros pour le rachat à 100% du groupe Beghin-Say.
Quant aux quotas, s'ils disparaissent, la production de betteraves ne sera plus rattachée à la terre mais au prix de revient. Le planteur d'aujourd'hui ne sera plus le planteur de demain même s'il s'est endetté à hauteur de 40 Euros la tonne plus frais financiers.
Néanmoins, il continuera à payer les annuités de l'emprunt qu'il a contracté pour le rachat de Béghin Say au plus grand bonheur du Crédit Agricole.
Si la baisse du prix du sucre et la disparition des quotas s'averaient exactes, ce n'est pas seulement les planteurs pris dans l'engrenage Union SDA Beghin Say mais aussi Union SDA qui feront faillite.
Il y a deux ans, lors d'une des assemblées générales du groupe SDA, j'avais conseillé à M. Duval de relire la fable de Jean de La Fontaine intitulée: "La grenouille et le boeuf'.
Monsieur Duval ayant très certainement d'autres chats à fouetter n'a pas retenu ce conseil puisque nous sommes sur la voie d'un éclatement car avec une baisse de 40% du chiffre d'affaires, les bénéfices risquent de n'être même pas assez importants ne serait-ce que pour payer les 40 millions d'euros de frais financiers.
Quant au capital, puisque par manque de compétivité, les usines ne vaudront plus rien sinon leur poids en ferraille, les planteurs y seront de leurs poches à hauteur du pourcentage de parts sociales.
Pour ce qui est de la CGB, il est étonnant qu'il n'y ait pas une levée de boucliers.
Il y a plus d'un an, M. Ducroquet disait devant une assemblée de planteurs Béghin Say: "Il ne faut pas rater le train, à 40 euros la tonne,c'est une aubaine pour les planteurs et la filière sucre sachant que südzucker a payé Saint Louis Sucre 300 euros la tonne! ". Aujourd'hui, la CGB ne se prononce pas, tant l'avenir est incertain...
M Ducroquet et M Duval, grands Manitous de la fusion entre Béghin Say et Union SDA ne seront des grands hommes du monde agricole que par leur taille.'
Les pieds sur terre certes ils avaient, mais la hauteur de leurs responsabilités les a enfermé dans leur tour d'ivoire et de là, contemplant le firmament, ils se sont mis à rêver de se prendre pour des clones de Jean-Marie Messier et sont devenus les créateurs du deuxième groupe sucrier mondial endetté jusqu'au cou sur un marché en récession et sans avenir face aux coûts de production dérisioires du Brésil et de la Thaïllande si la préférence communautaire est abolie.
On aurait du mal à s'imaginer M. Schweitzer, PDG du groupe Renault, déclarer: "Les voitures chinoises sont 60% moins chères que les nôtres alors baissons nos prix de 40%, les salaires de 50% puisque certains arrivent à survivre avec le RMI.
Je suis sûr que M. Schweitzer ne le fera pas. M. Duval l'a fait. Oh traîtrise! Oh imposture!
M. Ducroquet, pas encore, mais ça ne tardera pas. Oh imcompétence!
La FNSEA parlera, mais personne ne l'écoutera à force de dire oui à toutes les réformes qui font
disparaître l'agriculture. Oh naïveté, bêtise et soumission!
Mais tous ces grands manitous ne sont que coupables mais pas responsables.
La faute à toute cette mégalomanie incombe aux conseils d'administration impotents et aux adhérents abêtis.
chaque planteur est responsable.
Chaque planteur d'Union SDA possède quelques mètres carrés de terre au Brésil, y exploite la terre, y surexploite les hommes, y pollue plus qu'en Europe, y produit du sucre en trop grande quantité, fait chuter le cours mondial à en faire mourir de faim les paysans du tiers monde, à s'en faire mourir lui même puisque son sucre qu'il fait produire au Brésil est trois fois moins cher que celui qu'il produit sur sa propre ferme et que, même s'il y a une baisse de 40%, son sucre, de sa betterave, sera toujours deux fois plus cher que son sucre de canne de ses quelques mètres carrés de sa terre Brésillienne.
En Amérique Latine le serpent à plumes ne se mord pas la queue, en France, il me semble que nos serpents le font.
Mais l'avenir est devant nous; et même si lors d'assemblées générales, après l'allocution de M. Duval présentant les comptes d'Union SDA, 99% des adhérents présents applaudissent sans avoir compris qu'on les trompait; et même si, lorsqu'à main levée, le président du conseil d'administration demande à l'assemblée: " qui n'approuve pas les comptes vérifiés par le commissaire aux comptes?" et qu'une seule main se lève pour abstention alors que 90% ne savent pas de quoi il en retourne et donc ne devraient pas approuver; même si certains adhérents disent à M. Duval qu'ils ont entièrement confiance en lui parce que leurs parents et grands parents ont fait confiance aux Duval pére, fils et maintenant petit fils dans l'eldorado brésilien; même si, en voyant ces moutons de Panurge qui, une coupe de champagne à la main et un petit four ou plusieurs dans l'autre semblent n'être venus que pour ça; même si beaucoup trop me disent:" on n'a pas le choix! On n'y peut rien! Il va falloir se serrer la ceinture! je garde espoir.
Le nombre d'agriculteurs se réduit comme une peau de chagrin, il ne sert à rien de pleurer, personne ne viendra nous consoler et encore moins nous aider tant notre image est négative auprès de l'ensemble de la population européenne par manque de communication.
Devant une image dégradée, rien n'est pire que de manifester même passivement.
Tous les jours, sur tous les média, Y compris la France Agricole, on entend ou lit:
Paysans pollueurs.
Pollueur payeur.
Trop de nitrates dans l'eau.( Au jour d'aujourd'hui, aucune étude scientifique n'a prouvé le caractère polluant des nitrates) Tracasseries administratives pour les PMPOA.
Agriculteurs, prenons ces journalistes superficiels, ces écologistes utopistes, ces scientifiques de laboratoires, ces citoyens irresponsables au pied de la lettre, arrêtons l'épandage des boues d'épuration pendant un an et nous pourrons nous faire entendre des politiques.
Arrêtons l'épandage de matières d'origine inconnue arrivant de Belgique à la tombée de la nuit et qui au dire de l'agriculteur sont bonnes pour ses betteraves mais empestent à plusieurs kilomètres à la ronde.
Arrêtons l'épandage de déchets d'imprimerie contenant encre et métaux lourds.
Les sucreries elles aussi ont des déchets et il ne sert à rien qu'une poignée de planteurs perde son temps à bloquer l'entrée de l'usine afin de dénoncer la gestion impérialiste et autoritaire de la direction.
Depuis plus de vingt ans déjà les revendications agricoles n'ont plus le vent en poupe. Néanmoins, nos responsables agricoles repartent chaque fois bille en tête, droit devant à l'abordage d'un vaisseau fantôme qui de plus en plus vite disparaît à l'horizon et contre vents et marées que restera t'il de nous sinon le radeau de la Méduse.
Du pouvoir, les agriculteurs en ont, mais ce n'est pas en ayant des luttes fratricides, en
étant désunis que les revendications aboutiront.
Reprenons sans parti pris un slogan qui a fait ses preuves: La force tranquille.
Nous devons lutter pour des prix rémunérateurs
La culture a réussi à s'exclure des accords de l'OMC, l'agriculture doit en faire autant.
Chaque pays à travers le monde doit gérer ses problèmes agricoles comme il l'entend.
M. Duval n'a rien compris, embrumé qu'il est dans sa paranoïa, sa schizophrénie et sa mégalomanie,
et nombre de nos responsables (mais pas coupables) le sont aussi.
Nous avons un avenir seulement si nous prenons nos responsabilités à bras le corps, si nous communiquons, si nos revendications sont fondées car rien n'est plus dangereux que de laisser se propager des idées préconcues et des idées fausses sourtout quand elle sont colportées par les acteurs du monde agricole et parfois le pire de tout par l'agriculteur lui même.
Alors soyons vigilant, car je connais un troquet, c'est le café Ducroquet, on n'y sert que du pastis Duval. Eh patron! Trois Duvals!
Mais gare à la gueule de bois !
J’ai envoyé ce courrier à « La France agricole » le 30octobre 2003.
M. Collonge m’a répondu qu’un tel courrier ne pouvait pas paraître dans son magazine non seulement parce qu’il nommait des personnes en chair et en os mais aussi parce qu’il était trop long.
Il est à regretter qu’il n’existe plus de journaliste d’investigation travaillant pour la presse française en générale et pour le magazine «La France Agricole » en particulier et il n’est pas étonnant que cette « presse perroquet » n’attire que de moins en moins de lecteurs qui par le biais d’Internet sont bien plus en phase avec la véritable information.
Nombreux, aujourd’hui , sont les bettraviers à avoir la gueule de bois !
Monsieur Duval, en pleine Assemblée Générale m’a dit que si je n’étais pas content, il se ferait un plaisir de me rembourser mes parts sociales.
Aujourd’hui, c’est fait et je ne regrette rien !
Aujourd'hui TEREOS n'a déjà plus les moyens de donner des compléments de prix sur la campagne 2005/2006 alors que le nouveau règlement sucre ne sera vraiment en place, pour l'industriel, que dans 2 ans, date à laquelle le prix du sucre va très certainement baisser puisque non garanti; alors que fera t'il demain sinon acheter des betteraves à moins de 15€ la tonne par absence d'accord inter-professionnel.
J'espère grandement me tromper!
Jean-Claude Désesquelles
Avoir toujours raison est un grand tort!