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Présentation

Vendredi 20 novembre 2009

20/11/2009

Un plan d'urgence en faveur de l'agriculture est en train d'être mis en place. Nous vous adressons un récapitulatif de ce plan d'urgence, dont vous pourrez retrouver toutes les informations sur le site du ministère de l'agriculture, à l'adresse suivante :
http://agriculture.gouv.fr/sections/magazine/dossiers/plan-d-urgence-en-faveur/page1

I ° : Les prêts bancaires aidés :
En ce qui concerne les prêts aidés, 1 milliard d'euros sera engagé par les banques sous forme de prêts. Deux types de prêts sont proposés : des prêts de reconstitution de fonds de roulement et des prêts bonifiés de consolidation. L'aide de l'État ramène le taux maximum payé par l'agriculteur à 1% pour les jeunes agriculteurs et à 1,5% pour les autres.

           1- Prêt de reconstitution de fonds de roulement (trésorerie)

Description :


Il s 'agit d'un prêt de reconstitution de fonds de roulement aidé par l'État. Le taux maximum est de 3%. L'État prend en charge 1,5 point d'intérêt, et 2 points pour les jeunes agriculteurs, sous forme d'aide, dans la limite d'un plafond d'emprunt de 30 000 euros. Ainsi, un jeune agriculteur pourra bénéficier d'un prêt à 1%, et les autres agriculteurs d'un prêt à 1,5%.

Pour les GAEC, ce plafond est multiplié par le nombre d'exploitations regroupées dans la limite de 3. Ainsi, un GAEC qui regroupe deux exploitations pourra bénéficier d'un prêt avec une limite de plafond d'emprunt à 60 000€.  Un GAEC avec 3,4, 5 et plus exploitations auront un plafond d'emprunt à 90 000€.

Pour bénéficier du taux jeunes agriculteurs, vous devez vous être installé avec ou sans aide depuis le 27 octobre 2004 et avoir moins de 40 ans à cette date.

Ce prêt est remboursable sur une durée de 2 à 5 ans, avec possibilité d'un différé de remboursement d'un an partiel ou total.

Quelles sont les conditions à remplir ?

Les dossiers seront étudiés directement avec la banque. Ces prêts seront accordés sur la base des pertes de trésorerie de votre exploitation agricole.

Quand ?

Vous avez jusqu'à la fin du mois de février 2010 pour solliciter un prêt de reconstitution de fonds de roulement aidé auprès de votre banque.Vous pourrez disposer de votre prêt dans un délai maximum de 15 jours après son acceptation.

Comment faire ?

Vous devez demander le prêt directement à votre banque. Elle étudiera le dossier directement pour vérifier votre besoin de fonds de roulement. En cas de refus de votre banque que vous jugeriez injustifié au regard de votre situation, vous pouvez saisir le médiateur.

Comment bénéficier de l'aide de l' État ?

La banque vous fera remplir lors de l'établissement de votre prêt, un formulaire de demande d'aide qu'elle adressera directement à FranceAgriMer. Le versement de l'aide interviendra sur votre compte bancaire dans un délai de 3 mois maximum.

A noter :

Si vous êtes producteur de lait et que vous avez déjà sollicité ou obtenu un prêt de reconstitution de fonds de roulement, vous pouvez également bénéficier de cette aide. C'est votre banque qui vous fera remplir un formulaire.

          2 - Prêt bonifié de consolidation

Ces prêts sont accessibles dans les banques partenaires qui ont signé la convention pour la mise en oeuvre du plan d'urgence : le Crédit agricole, BNP Paribas, le groupe Crédit mutuel - CIC et la Banque Populaire.

Description :

Ce prêt permet de reporter le paiement des annuités 2010 (intérêts et capital). Le taux d'intérêt de ce prêt bonifié par l'État sera de 1% pour les jeunes agriculteurs, et de 1,5% pour les autres, avec la possibilité d'un différé de remboursement d'un an total ou partiel. Vous avez la possibilité d'emprunter jusqu'à 30 000 euros, remboursables sur une durée de 2 à 5 ans. Pour les GAEC, ce plafond est multiplié par le nombre d'exploitations regroupées dans la limite de 3 (soit 90 000€ maximum)

Pour bénéficier des taux jeunes agriculteurs, vous devez vous être installé avec ou sans aide depuis le 27 octobre 2004 et avoir moins de 40 ans à cette date.

Ce prêt ne peut être cumulé avec la mesure de prise en charge des intérêts de l'annuité 2010 prévue dans le cadre du fonds d'allègement des charges financières.

Quelles sont les conditions à remplir ?

Pour prétendre à ce prêt, votre rapport taux annuités/EBE (Excédent Brut d'Exploitation) doit être supérieur à 60%. Pour calculer ce pourcentage, il faut prendre en compte la totalité des annuités 2010 des prêts professionnels supérieurs à 2 ans : les annuités bonifiées, et celles non bonifiées foncier compris. Seule(s) votre ou vos annuités non bonifiées hors foncier peuvent faire l'objet d'un prêt bonifié de consolidation. En aucun cas les annuités d'un prêt bonifié ne peuvent faire l'objet d'un prêt bonifié de consolidation. Pour les agriculteurs au forfait, c'est une dégradation du chiffre d'affaires qui sera retenue.

 

Quand ?

Vous avez jusqu'au 30 avril 2010 pour solliciter auprès de votre banquier un tel prêt.

Comment faire ?

C'est votre banque, qui au vu de votre situation financière, décide de vous accorder un tel prêt. Ce prêt est ensuite soumis par votre banque à l'autorisation de la DDA qui donne sa réponse dans un délai maximum de 15 jours après réception de la demande. Dès réception de l'autorisation, la banque peut décaisser votre prêt. En cas de refus de votre banque que vous jugeriez injustifié au regard de votre situation, vous pouvez saisir le médiateur.

II ° : Allègement de charges financières et sociales

          1 - Allègement des charges financières en 2010

 

 

 

 

Description :

L'État prend en charge des intérêts sur les échéances bonifiées ou non de prêts professionnels à long ou moyen terme, hors foncier. Les échéances prises en compte se situent entre le 1er janvier 2010 et le 31 décembre 2010. L'aide est plafonnée à 50% de l'échéance annuelle 2010 (intérêts et capital).

Qui peut y prétendre ?

Cette mesure est destinée en priorité :

  • aux jeunes agriculteurs installés avec ou sans aides depuis le 27 octobre 2004 et ayant moins de 40 ans à cette date,
  • aux récents investisseurs,
  • aux exploitants dont l'Excédent Brut d'Exploitation (EBE) a baissé de plus de 5% ou, pour les exploitants au forfait, dont le chiffre d'affaires a baissé de plus de 20%.

Les dossiers sont examinés au cas par cas par le comité de gestion départemental du plan d'urgence.

 

Comment faire ?

Vous devez vous adresser à votre DDA pour connaître les critères précis d'attribution de cette aide et retirer un formulaire de demande. Ce formulaire doit être signé par le bénéficiaire et comporte :

  • les données nécessaires à l'instruction de la demande,
  • une (ou plusieurs) extraction (s) de l'annuité détaillée par prêt et certifiée par le cachet de l'établissement de crédit,
  • un RIB

L'aide sera directement versée par FranceAgriMer.
Le formulaire sera prochainement téléchargeable sur ce site.

A noter :
La mesure de prise en charge des intérêts n'est pas compatible avec le prêt bonifié de consolidation.


             2 - Prise en charge des cotisations sociales dues à la MSA

Description :

Cette mesure s'adresse aux chefs d'exploitations ou d'entreprises agricoles employeurs de main d'oeuvre les plus en difficulté, notamment les producteurs de fruits et légumes, les viticulteurs et les éleveurs porcins. L'État s'engage à financer la prise en charge de cotisations sociales patronales dues par les chefs d'exploitation et d'entreprises agricoles en difficulté, au titre des salariés qu'ils emploient. Cette mesure porte sur les cotisations MSA impayées de 2009 ou des années antérieures.

Elles concernent aussi les employeurs qui ont fait l'effort de payer ces cotisations sociales, au détriment d'autres créances. Si c'est votre cas, vous pouvez attester de la réalité de vos difficultés par tout moyen, notamment par la présentation de factures impayées qui seront à joindre à la demande de prise en charge. 

Les dossiers seront examinés au cas par cas par le comité de gestion départemental du plan d'urgence. Les conseils d'administration des caisses MSA valideront ensuite les propositions de prise en charge décidées par le comité.

Comment faire ?

Une demande doit être envoyée à la mutualité sociale agricole à l'aide du formulaire qui sera prochainement téléchargeable sur ce site internet. Les prises en charge sont accordées dans la limite de 1 800 euros par an et par employé en équivalent temps plein (ETP).

Quand ?

Cette mesure prend effet immédiatement. (au 9 novembre 2009)
 
          3 - Mesures d'accompagnement pour les agriculteurs les plus en difficultés

Description :

Ces mesures d'accompagnement concernent des exploitations répondant à des critères précis en matière d'endettement (au moins 75% des fonds propres, une forte une baisse de rentabilité sur les 3 dernières années, ...).

Elles intègrent en particulier un dispositif d'accompagnement technico-économique de l'exploitation agricole.

Elles s'appuient en particulier sur le dispositif "Agriculteurs en difficulté", dont vous pouvez télécharger le formulaire à ce lien  :
http://mesdemarches.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/Annexe_6_formulaire_de_demande_notice_aides_AGRIDIFF_cle012b2a.pdf
 
Pour toute information complémentaire, rapprochez vous de votre DDA.

III ° : Le médiateur :

Le Premier ministre, François Fillon, a annoncé le 7 novembre la nomination du député de l'Indre Nicolas Forissier comme Médiateur national entre les agriculteurs et les banques pour l'octroi des prêts à taux réduit.

La mission de médiation est ouverte à tout exploitant agricole qui rencontre avec sa ou ses banques des difficultés pour résoudre ses problèmes de financement ou de trésorerie.

La médiation poursuit l'objectif prioritaire de ne laisser aucun exploitant agricole seul face à ses problèmes de trésorerie ou de financement. Pour son action, le Médiateur national s'appuie sur les services de la médiation du crédit,  représentés au niveau départemental par le Directeur de la Banque de France.

 

 

Si vous souhaitez saisir le Médiateur de vos difficultés individuelles de financement bancaire, vous devez enregistrer votre demande sur le site de la médiation du crédit, en vous rendant à cette adresse :
https://akio10.akio solutions.com/jamc/personalized/mediateurducredit/dossier/index.jsp?knowdom_id=2
 
Vous recevrez automatiquement une réponse sous 48 heures et votre dossier sera pris en charge au niveau départemental.

Vous pouvez également contacter directement le Médiateur national à l'adresse électronique suivante: lemediateur@agriculture.gouv.fr

Par J.C Désesquelles - Publié dans : Coordination Rurale
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Mardi 3 novembre 2009





COMMUNIQUE

 

OGM : Un sujet très politique traité par l’eurocratie de Bruxelles !

 

 

La Commission européenne a autorisé, vendredi dernier, l’importation de trois maïs génétiquement modifiés, destinés principalement à l'alimentation animale.

 

Malgré le rejet massif des OGM de la part des consommateurs, la Commission réitère ses erreurs stratégiques. Elle favorise ainsi les importations de maïs sud américains, et pèse donc mécaniquement sur les cours internationaux des céréales : le prix du maïs a immédiatement baissé de 2,75 €/T, malgré l’incertitude qui règne encore sur les niveaux de rendement.

 

Cette décision s’oppose incontestablement aux déclarations très récentes du Président de la République en faveur de la nécessité d’une meilleure régulation de nos marchés et d’une préférence communautaire rénovée.

 

La CR et l’OPG notent qu’une fois de plus, Bruxelles affiche sa forte volonté de libération des échanges internationaux au mépris des volontés nationales et, surtout, de l’intérêt des agriculteurs européens.

 

Après l’affaire récente de la contamination de cargaisons américaines de soja par du maïs OGM, les pays producteurs d’OGM et la Commission utilisent une fois encore de manière très habile le déficit européen en aliments du bétail. La Commission européenne est directement responsable de cette faille majeure de la PAC depuis 1992, qu’il est urgent de combler au risque de transformer l’UE en laboratoire géant d’essais à hauts risques.

Par J.C Désesquelles - Publié dans : Communiqués de Presses "C.P"
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Mardi 3 novembre 2009
La SAFER fait du lobbying auprès des maires de France afin d'augmenter le degré de contrainte qu'elle impose déjà.

La complication dans la simplification n'est donc pas prêt de disparaitre en France. 

Soyons vigilant !  

 
















 
Par J.C Désesquelles - Publié dans : Coordination Rurale
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Mardi 3 novembre 2009




Par J.C Désesquelles - Publié dans : Communiqués de Presses "C.P"
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Mardi 3 novembre 2009



COMMUNIQUE

 

 

Les aides doivent arriver très vite aux agriculteurs

 

 

La CR prend acte de la volonté exprimée par Bruno Le Maire de mettre en œuvre immédiatement le plan d’urgence annoncé à Poligny par le Président de la République pour les agriculteurs.

 

Elle a rappelé hier au ministre de l’Agriculture qu’il fallait considérer ces aides comme étant d’un montant très limité en comparaison du sinistre économique qui atteint l’ensemble de l’agriculture, et qu’il devait donc l’utiliser comme une assistance immédiate aux agriculteurs les plus atteints et en danger de faillite immédiate.

 

Pour ceux-ci, il convient de rendre très facilement accessibles les dispositifs complexes d’aides à la trésorerie, de prises en charge de cotisations sociales ou de réaménagement des échéanciers de remboursement d’emprunts.

 

Compte tenu de la situation précaire de quasiment tous les agriculteurs, la CR a redemandé l’engagement total du Président de la République et du ministre de l’Agriculture pour des mesures immédiates de régulation permettant de faire remonter les prix agricoles sur le marché européen et pour une nouvelle PAC.

 

La CR a cependant interprété l’autorisation très récente d’importer en Europe trois nouveaux maïs OGM comme une grave contradiction du discours de Nicolas Sarkozy prônant « une préférence communautaire renouvelée reposant sur le respect de normes sanitaires et environnementales ».

 

La CR reste très vigilante et se battra pour que tous ceux qui ont besoin des aides prévues par le plan pour résister à la crise puissent les obtenir. Elle poursuit par ailleurs son objectif d’une union de tous les agriculteurs européens pour une PAC répondant tant aux besoins des consommateurs qu’à ceux des agriculteurs pour assurer de manière durable la sécurité alimentaire en Europe.

 

 

Mardi 03 novembre 2009 à 10 h 45

 

 

Contact :

Marjolaine Huot

Chargée de communication

Tél. : 06 75 52 11 26

marjolaine.huot@coordinationrurale.fr
Par J.C Désesquelles - Publié dans : Communiqués de Presses "C.P"
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Mardi 3 novembre 2009


EMB  OPL  parce que tout ce décide à Bruxelles

MILK-NEWS

http://www.europeanmilkboard.org

Bulletin novembre

Chers éleveurs, chers lecteurs,

Si nous passons en revue ce qui s’est passé ces derniers mois et dernières semaines en Europe chez les producteurs laitiers, ce sont d’innombrables images qui défilent à nos yeux. Des images de personnes qui manifestent en grand nombre, brandissant des banderoles devant les bâtiments politiques, dans les rues et sur des places, partout en Europe. Inutile de se trouver à Paris, Berlin, Rome, Amsterdam, Bruxelles, Berne, Luxembourg ville ou Vienne pour voir un mouvement important en train de faire son chemin en Europe. Toute l’Europe est devenue le théâtre de protestations. Dans les quatre-vingt mille producteurs laitiers des régions les plus variées de France, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Belgique, Suisse, Luxembourg, Autriche ainsi qu’Espagne protestent avec véhémence depuis le 10 septembre contre une politique européenne qui met leur survie économique en jeu. Grève du lait ou participation à des manifestations, à des convois de tracteurs, à des blocages d’autoroute et de laiteries ou à des feux de protestation : ils se battent dans leur région et souvent même à des centaines de kilomètres de là pour revendiquer des conditions cadres qui puissent enfin leur permettre de vendre leur lait à un prix rémunérateur. Chacun d’entre eux le fait ensemble avec des dizaines de milliers de collègues européens de l’European Milk Board.

Par ces protestations, plus de 500 millions de litres de lait n’ont pas été livrés aux laiteries dans huit pays. L’assainissement du marché, que les producteurs laitiers ont ainsi réalisé, a influencé les marchés au comptant ainsi que les premiers marchés des produits. Ici, les prix ont déjà augmenté. La classe politique aussi a été obligée de réagir aux actions des producteurs. Dans les différents pays, les ministres et chefs de gouvernement ont promis leur aide aux producteurs laitiers et organisé des rencontres extraordinaires à l’échelle nationale et européenne pour débattre de la situation catastrophique des producteurs laitiers. Il a été créé un groupe d’experts de haut rang au sein duquel la Commission européenne et les États membres sont chargés d’identifier des mesures permettant de débloquer la situation et lors de la réunion du Conseil européen de l’agriculture qui s’est tenue le 19 octobre à Luxembourg, la majorité des ministres de l’agriculture ont reconnu l‘existence d’un problème d’excédents sur le marché laitier. La Cour des comptes européenne a par ailleurs montré dans un rapport les déficits de la stratégie suivie jusqu’ici par la Commission européenne, renforçant ainsi la position de l’EMB.

Il faudra maintenant voir, entre autres lors de la réunion du Conseil européen de l’agriculture qui se tiendra les 19 et 20 novembre, si la classe politique a vraiment « compris » de quoi il s’agit. D’un côté, une régulation souple des quotas qui représente une mesure efficace. De l’autre côté, par contre, une politique faite de subventions, de mesures interventionalistes et de dumping à l’exportation qui ne saurait résoudre les problèmes mais en plus les aggrave. Les fruits d’une telle politique sont déjà connus et se traduisent de manière imagée par les montagnes de beurre et les océans de lait de l’UE.

La catastrophique situation du marché laitier doit être combattue par des mesures efficaces. C’est pourquoi les producteurs laitiers manifestent dans toute l’Europe pour que l’offre soit adaptée à la demande : pour une régulation souple des quotas. Si la politique européenne se décide contre une telle mesure en servant des intérêts autres que ceux des éleveurs, ce sera la mauvaise décision qui aura été prise. Mais alors, le combat ne s’arrêtera pas là. Les fortes protestations continueront sans relâche. Les producteurs laitiers européens élargiront leurs actions et instaureront concrètement le changement de système qui s’impose.

Dans ce bulletin, nous voudrions vous montrer la force que manifestent les exploitantes et exploitants laitiers en Europe ainsi que rendre hommage à l’infatigable engagement dont ils font preuve. Lisez les articles d’éleveurs de France, Allemagne, Belgique, Italie, Autriche, Suisse, Irlande et Grande-Bretagne pour voir quelques exemples d’actions de protestation et informez-vous de la situation actuelle qui règne dans les différents pays.

La politique menée jusqu’ici par l’UE est d’une part inadéquate pour résoudre la crise du marché laitier européen. D’autre part, elle est néfaste pour les producteurs laitiers hors d’Europe comme le montre une interview du vice-président de la fédération laitière d’Afrique du Sud et de l’Est (ESADA), Koos Pienaar. Lors de la visite qu’il a faite en septembre à Bruxelles, il a constaté toutefois en dialoguant avec des producteurs laitiers européens combien la situation est elle-même difficile pour les collègues d’Europe. Son résumé : seul à se battre, on a peu de chances de réussir. Les producteurs laitiers devraient se regrouper à l’échelle internationale pour agir ensemble.

Agir ensemble à l’échelle européenne : les expériences ne manquent pas comme vous pourrez vous en convaincre dans les pages de ce bulletin.

Je vous souhaite une intéressante lecture.

 

Bien cordialement

Silvia Däberitz

European Milk Board

 

France

Le 10 septembre, à Paris, l’OPL (Organisation des producteurs de lait) et l’APLI (Association des producteurs de lait indépendants) ont annoncé la suspension des livraisons de lait aux laiteries. C’est ainsi que démarrait la grande vague de protestation à laquelle les jours suivants et semaines suivantes se sont ralliés des producteurs laitiers de toute l’Europe et qui a fini par obliger la classe politique européenne à réagir. Voici quelques exemples d’actions qui ont été réalisées en France pendant le mois d’octobre :

Forte mobilisation unitaire le vendredi 2 octobre à Mésanger, en Loire Atlantique, où on s’est joint à l’APLI et à la Conf’ pour dessiner une étoile composée de plus de 1000 tracteurs et symboliser ainsi la mobilisation intacte des producteurs de lait et leur attente d’une décision claire de l’Europe en faveur de la régulation.

Lundi 5 octobre, en parallèle de l’action de Bruxelles, les producteurs de l’OPL étaient également mobilisés un peu partout en France pour ne pas relâcher la pression : les départements différents ont organisé pique-niques et cortèges jusqu’aux préfectures, en plus quelques départements ont pris part à l’écriture d’un message par des tracteurs ou ils se sont mobilisés devant plusieurs laiteries. À Caen les tracteurs étaient de sortie pour une opération escargot et la réalisation d’une étoile.

Lundi 19 octobre, l’EMB manifestait à Luxembourg au Conseil des ministres. Une cinquantaine de tracteurs s’est jointe au cortège. La quasi-totalité des départements des Pays de la Loire se sont rendus ce même jour à Paris pour participer à une manifestation unitaire qui a réuni un millier de personnes, avec lâcher de ballons devant la Tour Eiffel. Le même type d’action commune, avec cortège et lâcher de ballons, était également organisé à Rennes et à Épinal.


 

Allemagne

Des producteurs laitiers actifs – Les producteurs laitiers allemands ont engagé d’innombrables actions de protestation pour s’adresser les semaines dernières à la classe politique et défendre leurs revendications en faveur d’un prix du lait équitable. Dans tout le pays, il est actuellement organisé dans les centres-ville les marches silencieuses dites du lundi qui sont très suivies. Elles s’accompagnent de messes et de cultes et sont l’occasion de prendre contact avec d'autres groupes de défense d’intérêt ainsi que les consommateurs. En Allemagne du Sud, des producteurs laitiers se sont rendus en tracteur à différents dépôts de la distribution alimentaire afin de sensibiliser la population à la situation précaire. Il s’en est suivi des retards de livraison chez les discounters.

Marché laitier – La baisse de l’offre provoquée par la grève du lait européenne a eu de fortes répercussions sur le marché laitier allemand. Ces dernières trois semaines, les prix du lait non lié par contrat à long terme (lait du jour) ont oscillé de 27 à 30 centimes le kg, se stabilisant parfois à 30 centimes le kg (lait de 3,7 % M.G. et 3,4 % protéines). Les prix pour le beurre allemand de qualité pasteurisé A sont eux passés de 2,40 euros le kg à 3,20 euros le kg. Cette évolution positive n’a toujours pas été répercutée aux producteurs laitiers, les prix payés aux producteurs en particulier par les grandes laiteries restant toujours à un niveau très bas (p. ex. prix de base à 20 centimes chez Hochwald ).

Formation du gouvernement fédéral – Dans les négociations de la coalition tenues par les partis politiques allemands CDU, FDP et CSU, le thème du lait est le sujet de discorde. Tandis que la CDU et la FDP misent en grande partie sur un abandon de la régulation laitière, la CSU demande l’instauration de cadres qui permettraient d’adapter l’offre à la demande du marché. Elle préconise la mise en réserve des quotas additionnels et demande pour la prochaine campagne un nouveau débat sur le thème du rééquilibrage.

Maintenant que les négociations de la coalition touchent à leurs fins, il serait question d’apporter aux éleveurs une nouvelle aide qui s’élèverait en 2010 à 800 millions d’euros. Pour les trois prochaines années, il serait accordé des aides financières additionnelles d’environ 2 milliards d’euros. À première vue, ce chiffre inclurait les subventions déjà concédées jusqu’ici. Il nous est donc ici jeté de la poudre aux yeux. Pour le moment, il n’a pas été possible de savoir dans quelle mesure les conceptions de la CSU se retrouveront dans l’accord de coalition gouvernementale signé par les trois partis.


 

Belgique

La Belgique connaît une participation très poussée des producteurs laitiers aux protestations européennes. L’action du 16 septembre où trois millions de litres de lait ont été déversés dans un champ à Ciney a soudain fait prendre conscience en Europe de l’urgence du problème laitier.

Actuellement, la satisfaction règne chez les producteurs belges. Ils ont de l’espoir aux vues de ce qui a été obtenu jusqu’ici, aux vues des actions et résolutions qui ont été engagées à la réunion du Conseil des ministres de l'agriculture de Bruxelles et de Luxembourg, saluant notamment la décision prise le 19 octobre à Luxembourg de supprimer des volumes du quota national. Ils voient que les choses bougent peu à peu. Le gel des quotas nationaux semble en Belgique tout à fait réalisable. Les éleveurs espèrent toutefois que les autres États européens retireront également des quotas du marché car une réduction des quotas qui se ferait uniquement en Belgique n’aurait aucun sens.

Nous attendons que tout soit fait dans les différents pays pour que les décisions qui viennent d'être prises soient aussi mises à exécution et nous apportent le succès escompté. Si nécessaire, nous sommes prêts à tout moment à lancer de nouvelles actions.


 

Italie

Nous étions présents à Paris au lancement de la grève du lait française et avons officiellement déclaré le 15.9.09 notre solidarité avec les producteurs laitiers français. C’est ainsi qu’a commencé la destruction de 50 % du lait produit en Italie. Nous avons invité les consommateurs dans nos exploitations et leur avons donné gratuitement du lait, profitant de l’occasion pour les informer des événements.

Lorsque plus de 200 000 litres de lait ont été déversés à proximité de la grande fromagerie privée Ambrosi, il se trouvait sur place cinq équipes de tournage qui ont filmé l’action et l’ont diffusée aux informations télévisées du soir.

 À partir du 21 septembre, nos membres se sont mis à jeter tout leur lait. Jusqu’au 26 septembre 2009, de nombreuses actions ont eu lieu dans toute l’Italie, dont les blocages au Brenner, Frejus et Tarvisio. Du lait a été gratuitement distribué dans les villes et un lac de lait a été monté devant le palais « Chigi ». Des entretiens avec la classe politique ont également eu lieu. Berlusconi et le Ministre de l’agriculture Zaia se sont réunis avec nous pour débattre de la situation du marché laitier. Le soir du 26 septembre, nous avons officiellement mis fin à la grève du lait italienne ; les actions se sont toutefois poursuivies comme lorsque nous avons déversé 3 millions de litres de lait dans les champs près de Soncino devant une forte présence des médias. En Italie, au début des actions laitières et de la grève européenne du lait, le prix du litre de lait de 3,7 % de matières grasses et 3,25 % de protéines était de 28 centimes. Il est actuellement de 33 centimes.


 

Autriche

Un grand nombre de producteurs laitiers autrichiens ont participé à la grève du lait et l’Autriche a connu de nombreuses et fortes actions de protestation. Les éleveurs se sont par ailleurs rendus en bus aux événements importants qui se déroulaient hors des frontières autrichiennes pour se battre activement auprès de leurs collègues européens. Aussi ont-ils participé à la grande protestation du 5 octobre à Bruxelles et ont également montré, lors de la réunion extraordinaire du Conseil européen des ministres de l’agriculture qui se tenait à Vienne le 12 octobre, que les fédérations IG-Milch et EMB n’étaient pas prêtes à lâcher prise tant qu’une solution durable ne serait pas trouvée au problème du marché laitier. Des centaines de producteurs se faisaient remarquer à grand bruit pour ainsi apporter leur soutien aux ministres de l’agriculture qui devaient affronter l’obstination de la Commissaire Fischer Boel et de la Commission européenne.

Pour à l’avenir mieux exploiter les marges de manœuvre nationales en politique laitière (rééquilibrage….), la pression sur la classe politique nationale continue à s’exercer. Des feux de protestation sont allumés et de nombreux entretiens politiques sont organisés.

Les éleveurs autrichiens ont également participé aux manifestations qui ont eu lieu le 19 octobre à Luxembourg. Grâce à la formidable coopération avec les collègues de toute l’Europe et à leur engagement infatigable, les événements de Luxembourg ont fait l’objet de nombreux articles et reportages à la radio, à la télévision et dans la presse écrite. L’essentiel du message que passaient les médias: « Victoire d’étape pour les éleveurs ».


 

Suisse

Les dernières semaines de révolte paysanne en Suisse et en Europe ont rencontré un large soutien de la population. La grande majorité des consommateurs ont démontré qu’ils étaient prêts à payer un peu plus pour leur litre de lait s’ils ont l’assurance que la différence rémunère le producteur.


Aujourd’hui, les producteurs de lait en Suisse reçoivent un prix de 55 cts/litre, un prix qui couvre les coûts de production est entre 98 cts et 1.17/litre. En une année, le prix du lait a chuté de plus de 20% chez le producteur. La surproduction qui existe actuellement est due aux industries laitières qui ont poussé à la production sans assurer l’écoulement des produits, à une mauvaise gestion et un suivi laxiste de la part de l’Office fédéral de l’agriculture lors de la fin du contingentement laitier ainsi qu’à quelques producteurs fortement liés à l’industrie, tentés par la folie de la production. Ces derniers ont préféré produire à tout prix sans en calculer les conséquences.

Cette situation mène à une hécatombe du nombre d’exploitations et à une très mauvaise répartition de la production laitière sur le territoire. Les subventions à l’exportation, ne résolvent en rien le grave problème structurel des producteurs suisses car c’est une solution « pompier » de facilité et ponctuelle. Elle ne profite qu’à l’industrie laitière qui fabrique de la poudre de lait et extrait de la matière grasse.

« Les propositions de l’Interprofession du lait ne résolvent en rien les problèmes de surproduction, » a renchéri Isolda Agazzi, d’Alliance Sud. Elle exige que les surplus soient exportés vers des marchés extérieurs à l’Union européenne. Même si la différence entre le prix suisse et le prix international est couverte par des fonds privés, cela conduirait à des exportations à des prix de dumping. De surcroît, notre crainte demeure que, tôt ou tard, le Conseil fédéral ne décide de réintroduire quand même des subventions à l’exportation, comme il l'a déjà fait en juin 2009 (14 millions de francs) suivant en cela le mauvais exemple de l'Union européenne et des Etats-Unis. Les subventions à l’exportation des produits agricoles sont l’instrument commercial le plus néfaste pour les agricultures des pays du Sud ».

« Il faut remettre la famille paysanne et les emplois au coeur du débat » a déclaré Werner Locher de BIG-M. Si nous voulons maintenir des emplois et une agriculture de proximité en Suisse, les paysans doivent pouvoir être rémunérés avec des prix équitables qui couvrent leurs coûts. Nos organisations en Suisse comme nos collègues européens réunis au sein de l’European Milk Board en sont convaincus. »


 

Irlande

L’ICMSA a participé à une campagne en cours pour attirer l’attention sur l’énorme pression qui pèse actuellement sur les éleveurs. Vendredi 4 septembre 2009, 300 producteurs ont manifesté devant les bâtiments du gouvernement où ils ont fait traite des vaches. Il y a eu également un entretien avec le Premier Ministre et le Ministre de l’agriculture, de la pêche et de l’alimentation dans le but d'entraîner un changement de cap dans la politique laitière du gouvernement. Nos membres continuent à réaliser leur travail de lobbyistes dans tout le pays en abordant les députés et membres du Parlement européen pour inciter à un changement de politique. Aux vues des améliorations que connaît récemment le marché, certaines coopératives ont augmenté le prix payé aux producteurs mais non pas toutes. C’est pourquoi l’ICMSA fait pression sur les coopératives qui n’ont pas encore augmenté les prix aux producteurs. A cet effet, a eu lieu jeudi 15 octobre 2009 une manifestation devant le siège principal de Glanbia, le transformateur le plus important d’Irlande.


 

Grande-Bretagne

Les membres de l’organisation Farmers for Action (FFA) et de la fédération écossaise affichent leur soutien aux collègues de l’EMB.


Quatre producteurs laitiers d’Écosse, Angleterre et Irlande du Nord ont déversé leur lait sur leurs champs en guise de solidarité avec leurs collègues continentaux. La grève du lait sur le continent a ainsi mieux retenu l’attention des médias du Royaume-Uni , faisant l'objet d'articles et de reportages sur le site Internet de la chaîne télévisée BBC, à la radio et dans la presse écrite. Les débats ont souligné la nécessité d’une régulation de l'offre (des quotas laitiers) (le gouvernement britannique et la fédération agricole NFU défendant avec acharnement la suppression des quotas laitiers). Au salon anglais de l'agriculture « Dairy Event », David Handley de l’organisation Farmers for Action a envoyé un message où il soutenait les membres de l’EMB.
Malgré la hausse des indicateurs de prix sur le marché mondial, des prix pour la crème et des prix journaliers du lait et malgré la baisse du cours de la Livre sterling, nombreux sont les industriels qui essaient encore de baisser les prix payés aux producteurs. Selon les derniers chiffres officiels, le prix moyen du lait payé aux producteurs était au Royaume-Uni (en août) de 23,26 penny par litre et en Grande-Bretagne (le R.U sans l’Irlande du Nord) de 24,03 penny par litre.


 

Si vous ne soulevez pas de poussière, vous en mangerez


Interview : Koos Pienaar, vice-président de la fédération laitière d’Afrique du Sud et de l’Est (ESADA)

Monsieur Pienaar, vous vous êtes rendus à Bruxelles en qualité de représentant de l’organisation africaine ESADA pour vous faire une idée du marché laitier européen. Quelle est votre impression ?

Je suis très surpris. Je ne m’attendais pas à ce que la situation des producteurs laitiers soit si grave. Je pensais que nous étions les seuls, nous les producteurs laitiers étrangers, à souffrir de la politique de l’UE, à souffrir des subventions à l’exportation. Ici aussi, les producteurs laitiers vont très mal alors qu’ils ne reçoivent même pas ces fonds d’aide qui nous portent tant préjudice à nous hors d’Europe. La politique européenne n’entreprend apparemment rien qui soit en mesure de débloquer la situation pour vos éleveurs. Mais les producteurs laitiers ne peuvent pas non plus croire que cela va se faire comme ça. Nous avons chez nous un proverbe qui dit « If you don´t make dust - you will eat dust » : Si vous ne soulevez pas de poussière, vous en mangerez. Les éleveurs doivent ici se prendre eux-mêmes en main et gagner en force. Et cela ne vaut pas seulement pour l’Europe.

J’ai beaucoup voyagé des derniers jours et ai parlé avec beaucoup de gens. Si ça continue ainsi chez vous en Europe, ce paysage, ce patrimoine auront bientôt quasiment disparu. Ce sont les éleveurs qui ont marqué de leur empreinte le paysage, le patrimoine et les traditions. Ils remplissent tant de fonctions importantes dans la société. S’ils n’existent plus, la société aura beaucoup perdu.


Comment est la situation chez vous en Afrique du Sud ?

Les subventions à l’exportation de l’UE nous portent un grand préjudice. La déclaration de la Commissaire Mariann Fischer Boel comme quoi elles ne seraient pas assez élevées pour nous nuire n’est pas la réalité. Regardez l’économie de l’Afrique du Sud. Elle n’est en aucun cas comparable à celle de l’UE ou des États-Unis. Pour nous comme pour beaucoup d’autres pays, les subventions à l’exportation sont suffisamment élevées pour casser les prix.


Dans votre pays, quelle relation ont les producteurs laitiers avec la politique, les laiteries et la distribution ?

En Afrique du Sud. la politique est peu impliquée dans le marché laitier. Il n’existe aucune subvention etc.. Il y a seulement quelques taxes d’importation mais celles-ci sont importantes aussi pour protéger au moins un peu nos propres produits. Nous-mêmes, nous nous efforçons d’entretenir une bonne relation avec nos représentants politiques.

La relation que nous avons avec les laiteries change car nous sommes en train de perdre nos possibilités de contrôle. Il y a de moins en moins de laiteries coopératives. Les producteurs laitiers ne sont plus souvent que des détenteurs de parts. La situation n’est pas facile car quatre grosses laiteries internationales dominent environ 60 pour cent du marché et en raison de contrats d’exclusivité signés avec la distribution, les produits des petites laiteries nationales et surtout régionales obtiennent peu ou aucune place dans les rayons des supermarchés.

La distribution elle-même voudrait proposer le lait le meilleur marché possible et exerce sur nous une forte pression des prix.


Les problèmes en Afrique du Sud et en Europe sont donc similaires. Quelles conséquences faut-il en tirer ?

C’est clair : travailler ensemble. Mais il faut regarder bien plus loin, non seulement en Afrique du Sud et en Europe. Nous avons beaucoup en commun avec tous les producteurs laitiers à travers le monde. L’influence des entreprises multinationales est très importante et il nous faut agir ensemble contre cette pression. Plus nous travaillons ensemble, mieux sera notre position vis-à-vis de ces entreprises. Une table ronde avec les associations de producteurs laitiers du monde entier serait un bon début. Le mieux serait qu’il y ait une régulation de l’offre dans le monde entier. Mais il faut être réaliste. C’est quasiment irréalisable à l’échelle globale.

Nous pouvons cependant nous-mêmes faire quelque chose. Nous ne faisons pas assez pour impliquer les consommateurs. Nous devrions mieux leur faire comprendre qu’en préférant les produits d’importation, ils ne rendent pas service aux producteurs laitiers de leur pays et encore moins à eux-mêmes. D’abord, cela entraîne une perte d’emploi dans leur propre pays et crée également des problèmes en cas de pénuries régionales ou globales. Un pays qui dépend fortement de l'importation ne pourra pas compenser un manque en denrées alimentaires puisque sa propre production a fini par baisser. La fédération BDM, l’EMB, toutes les fédérations laitières devraient donc mieux informer les consommateurs.


Monsieur Pienaar, nous vous remercions de cet entretien.


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Mercredi 28 octobre 2009


COMMUNIQUE

 

Discours du Président Sarkozy :

Les moyens ne suivent pas les ambitions

 

 

Le Président de la République vient de réaffirmer à Poligny (Jura) une vision volontariste et décomplexée de l’agriculture.

 

La CR se félicite de cet état d’esprit et prend acte du plan d’aide annoncé, sous réserve de découvrir ses modalités précises : il est indispensable que sa mise en œuvre ne laisse aucun agriculteur en difficulté au bord du chemin, notamment lorsqu’il s’agira d’obtenir des banques qu’elles consentent aux plus fragiles les prêts annoncés.

Pour que ce plan ne rejoigne pas la cohorte de ceux dénoncés précisément par le Président, il convient désormais de traduire en actes politiques clairs les orientations annoncées au fil de son intervention.

 

La CR apprécie évidemment d’entendre le Président réaffirmer (comme dans son discours au Space 2007) que les agriculteurs doivent vivre de prix rémunérateurs et du fruit de leur travail. Cependant, les moyens évoqués pour atteindre cet objectif ne semblent pas tous convaincants : la contractualisation ou les systèmes d’assurances variés ne sauraient permettre à eux seuls au marché de procurer ces prix rémunérateurs.

 

La CR est également satisfaite de la volonté présidentielle affichée de revoir le fonctionnement des interprofessions agricoles pour accroître leur légitimité.

 

Il faut désormais aller plus loin pour envisager des solutions de long terme. C’est ce que fera la CR dans le cadre de ses propositions pour la LMA, par exemple à travers la TVA sociale pour alléger de manière déterminante et durable les charges salariales des agriculteurs.

 

Aller plus loin, et la CR regrette que le Président ne l’ait pas fait, c’est aussi appeler à soustraire l’agriculture aux contraintes de l’OMC : sa grande ambition affichée pour l’agriculture française (régulation rénovée, sécurité alimentaire) ne peut en effet passer que par l’exception agriculturelle, pour libérer la PAC du joug de l’OMC.

 

 

Mardi 27 octobre 2009 à 16 h

 

 

 

 

Contact :

Medias généraliste : Sophie Frédéric 06 20 34 12 16

Tél. 01 53 41 41 95 - s.frederic@terremajeure.com

Presse agricole, autres medias : Olivier Petit 06 70 80 99 51

olivier.petit@coordinationrurale.fr

 

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Mercredi 28 octobre 2009

Le 28 octobre 2009

Communiqué   EMB  European Milk Board  

Chères productrices et producteurs laitiers

 

Tous ensembles en Europe, nous déployons depuis des semaines une énergie impressionnante pour défendre ce que nous revendiquons : un prix équitable.

Quel que soit le pays où je regarde, France, Belgique, Allemagne, Luxembourg, Autriche, Italie, Pays-Bas et Suisse mais aussi Espagne, c’est avec force que partout nous élevons nos protestations.

Nous n’avons pas livré notre lait pendant une période importante, nous défilons devant les institutions politiques, contrôlons les laiteries, bloquons les autoroutes et manifestons tous ensemble en grand nombre.

Il me suffit de penser aux manifestations de Bruxelles et de Luxembourg ce mois-ci, où nous étions des milliers à proclamer devant la classe politique européenne, notre volonté d’obtenir, non pas des aumônes, mais une régulation souple du marché, pour voir aujourd’hui que tous ensemble nous avons réussi à nous sortir de notre position de victimes.

Je voudrais vous remercier d’avoir su faire preuve d’un tel engagement pour défendre notre cause. Un grand merci aussi aux conducteurs de tracteurs qui ont parcouru de nombreux kilomètres pour se rendre à Bruxelles et à Luxembourg.

Les signaux deviennent de plus en plus clairs.

La classe politique ne peut plus nous ignorer et est obligée de réagir. Il y a à peine six mois, rares étaient ceux qui pouvaient s'imaginer les ministres de l'UE et la Commission européenne provoquer des réunions dans le seul but de débattre sérieusement de nos propositions. Nul n’aurait pu penser que la Cour des comptes européenne présenterait un rapport critiquant le travail de la Commission et défendant notre position. En outre, 21 ministres et chefs de gouvernement des différents pays ont publiquement reconnu l’existence d’un problème d’excédent sur le marché.

La Commission européenne ne peut par conséquent plus poursuivre sa ligne de libéralisation comme elle l’entend, mais doit réfléchir à des alternatives. D’autant plus que la grande majorité des citoyens européens ainsi que de nombreuses organisations de coopération au développement nous appuient fortement. Il faut le dire clairement. Sans nos protestations à nous, producteurs laitiers européens, rien de cela ne serait arrivé.

Les premiers résultats positifs se font sentir, ne serait-ce déjà que par l’assainissement du marché que nous avons réalisé grâce à la grève du lait et qui n’a pas manqué d’agir sur les prix du marché comptant. Ces prix remontent et c’est maintenant à l’industrie d’assumer ces augmentations de prix du lait et du fromage pour les répercuter aussi aux producteurs. Il faut maintenant veiller à assurer l'évolution positive du prix du lait sur le long terme.

Les décisions que le Conseil européen de l’agriculture a prises le 10 octobre à Luxembourg sous la pression des producteurs laitiers de l’EMB peuvent y apporter leur contribution.

Il est maintenant déterminant que les différents États membres utilisent rapidement la possibilité donnée d’un gel de la production.

Ce petit pas vers un rachat des quotas n'est pas à sous-estimer. C’est en vérité un grand pas en avant que de réutiliser les quotas comme instrument de régulation. Le principe de création d’un groupe d’expert de haut rang décidé par le Conseil est aussi une avancée qu’il ne faut pas amoindrir, en particulier la volonté d’élaborer un cadre règlementaire pour le marché laitier qui est un engagement dans la bonne voie.

Tels sont les premiers succès concrets que les éleveurs européens ont obtenus sur le plan politique. Il s’agit à présent de ne pas relâcher la pression en attendant que ce changement de cap politique se concrétise encore mieux. Pour soutenir le travail du groupe des experts de haut rang et l’accompagner de manière critique, l’EMB a décidé de créer de son côté un groupe de haut rang constitué de représentants des différents secteurs de la société.

Même si nous avons déjà beaucoup avancé, la politique européenne est toutefois loin d’être arrivée là où il faut. Une régulation souple des quotas à l’échelle européenne n’est pas chose faite. Il nous faut soutenir les responsables politiques qui vont dans cette voie et convaincre ceux qui n’entendent pas encore mettre en œuvre cette régulation.

Nous ne lâchons pas prise !

Dans les différents pays, nous producteurs laitiers, faisons preuve d’une grande force et d’une grande énergie. Ce sont ces deux éléments qui nous ont permis de mettre en évidence devant le monde politique, l’industrie et la distribution cette évidence : nous ne sommes pas de pauvres petits éleveurs qui se laissent faire mais des éleveurs libres et sûrs d’eux qui se battent pour avancer. La politique est un lourd transatlantique, il lui faut du temps, de la force et de la patience avant de changer de cap.

Nous, les producteurs laitiers européens regroupés au sein de l’EMB, sommes certains qu’ensemble nous atteindrons nos buts. L’union et la détermination dont font preuve les producteurs laitiers sont sans précédent dans l’histoire de l’Europe.

Nous continuons à nous battre !

Continuons à nous battre tous ensemble jusqu’à ce que nous puissions, en qualité d’entrepreneurs, déterminer un prix de vente de notre lait nous permettant de vivre de notre travail et jusqu’à ce que nous ayons de bonnes perspectives d’avenir.

Je suis très fier en tant que  président de l’European Milk Board de me battre à vos côtés pour obtenir gain de cause et ainsi nous construire un avenir.

 

Romuald Schaber

 

 

 

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Lundi 26 octobre 2009


Communiqué 

 

Lait : Une poule ruineuse !

 

Les producteurs de lait sont outrés par les propos de Mme Fischer Boel, qui a l’arrogance de qualifier la PAC de « poule aux œufs d’or » !

Depuis un an, cette poule de luxe a fait perdre 15 milliards d’euros aux producteurs européens sur les 150 millions de tonnes de lait qu’ils ont produites. Beau résultat pour une si belle politique, d’ailleurs sévèrement critiquée pour son gaspillage d’argent par la Cour des comptes européenne !

Après avoir escroqué les producteurs laitiers de 15 milliards d’euros, ce n’est pas en leur reversant 280 millions que la Commission va éclaircir leur avenir ! Aucune aide financière n’est en mesure de corriger l’impact de telles erreurs politiques.

Avec un tel bilan, l’Organisation des Producteurs de Lait n’accorde plus aucun crédit à Mariann Fischer Boel. Elle demande que les ministres traitent maintenant directement des mesures sérieuses et urgentes pour le secteur du lait avec M. Barroso, président et seul représentant légitime de la nouvelle Commission.

L’OPL considère que l’enveloppe de 280 millions d’euros consentie lundi pour le secteur laitier européen doit être affectée au soutien direct des producteurs qui accepteront de réduire momentanément leur production durant la campagne en cours, et non à des aides à l’exportation ou au stockage. Avec l’EMB, elle exige que les pays en dépassement de quotas appliquent des sanctions vis-à-vis des producteurs qui contribuent aujourd’hui au déséquilibre du marché.

Elle demande au ministre de l’Agriculture d’être le porteur de ces positions pour le prochain Conseil des ministres européens du 19 novembre afin de permettre rapidement une remontée du prix du lait à 400 € la tonne.

 

 

Le 21 octobre 2009 à 14h

 

Par J.C Désesquelles - Publié dans : Coordination Rurale
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Lundi 26 octobre 2009



 

 

BP 50590 – 1 impasse Marc Chagall - 32022 AUCH Cedex 9

Tél. : 05 62 60 14 96 – Fax : 05 62 60 14 31 – Mobile : 06 88 05 13 75

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N/Réf. : 09-10-52

 

 

COMMUNIQUE

 

 

Rencontre avec Bruno Le Maire :

La régulation doit concerner tous les secteurs agricoles

 

 

La Coordination Rurale a été reçue par le ministre de l’Agriculture qui souhaitait l’informer des résultats du Conseil des ministres de Luxembourg et évoquer avec elle le plan d’aide aux agriculteurs.

 

Sur le premier point, il a confirmé que l’idée de la régulation de la production et du marché du lait progressait. Des propositions concrètes devraient être présentées par la Commission lors du prochain Conseil européen le 19 novembre. La CR a demandé que l’aide décidée hier à Luxembourg serve à soutenir les producteurs qui font le choix de réduire leur production de lait.

 

Sur le second point, le ministre a par ailleurs ajouté qu’il était désormais convaincu que la régulation était indispensable pour l’ensemble des secteurs de l’agriculture et qu’il convenait d’aborder les réflexions sur la future politique agricole commune sous cet angle.

 

La CR a ensuite fait part de ses propositions pour des aides urgentes ciblées vers les agriculteurs les plus touchés par la crise, quelle que soit leur production. Elle a demandé que ces soutiens leur permettent d’attendre une remontée des prix sur le marché. Le ministre s’est montré attentif à ces propositions et partage l’avis de la CR selon lequel ces aides n’ont de sens que si une vraie politique agricole régulée vient ensuite en prendre le relais, afin de permettre aux agriculteurs de vivre de leur production et non d’aides.

 

 

Mardi 20 octobre 2009 à 19 h

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

Les annonces de Bruno Le Maire sont insuffisantes

 

 

Si les déclarations de Bruno Le Maire lors de sa visite au Sommet de l’Elevage le 7 octobre témoignent de sa bonne volonté, elles sont aux yeux de la CR totalement inefficaces.

En proposant de reporter les charges et certains remboursements d’emprunt de 2009 à 2010 ou 2011, le ministre de l’Agriculture ne fait que déplacer les problèmes. Depuis plusieurs années, tout a été organisé pour inciter les producteurs de viande ovine et bovine à investir pour l’environnement et la qualité. Aujourd’hui les éleveurs croulent sous les charges et la qualité n’est pas payée !

 

Afin d’assurer la pérennité des élevages, la section viande de la CR demande que :

-          les éleveurs soient totalement exonérés des cotisations MSA 2009 et des pénalités de retard ;

-          les annuités d’emprunt soient intégralement reportées en fin d’échéancier ;

-          les éleveurs puissent bénéficier de prêts de soutien à la trésorerie à taux zéro remboursables à partir de 2014 ;

 

La CR milite pour une profonde réforme de la PAC qui permettra aux éleveurs et à l’ensemble des agriculteurs de vivre de la vente de leur produit. Aujourd’hui, les producteurs de viande ovine et bovine sont dans une situation inextricable et n’ont plus les moyens d’attendre.

 

 

Mercredi 14 octobre 2009 à 14 h 30

 

 

 

Par J.C Désesquelles - Publié dans : Communiqués de Presses "C.P"
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